Bévue en clinique

Au printemps 1937, ma mère décide de me faire opérer d’une hernie que je garde depuis mes premiers mois. Je suis ravi de cette décision, car elle va me permettre de supprimer à jamais un bandage qui m’handicape.

Sous peu, viendra la fin des huit années d’esclavage attachées à cette ceinture de torture.

Le jour est arrivé. Chargé sur un brancard, ému je quitte ma mère en larmes, je la rassure de mon mieux, façon de me donner confiance. Je parviens dans la salle d’opération où je suis pris en charge par un groupe de personnes en blouses blanches. J’ai la gorge sèche, le front moite, je tremble de froid. Une infirmière se penche sur moi, et m’applique délicatement sur la bouche et le nez un masque d’où semble émaner une odeur suspecte et désagréable. Mais déjà plus rien n’existe. Je viens de pénétrer dans un  monde nouveau.

 Je ne peux évaluer le temps passé avant de percevoir quelques cliquetis d’objets métalliques, que l’on pose et repose sur une table de verre. J’ouvre légèrement mes yeux éblouis par une immense parabole blanche placée au dessus de ma tête, d’où semblent gesticuler plusieurs têtes équipées de bonnets blancs. Je ressens dans le même instant une forte brûlure au niveau de ma hernie.

Mais déjà, l’un des chirurgiens s’aperçoit avec frayeur de mon réveil. Il lance un ordre autoritaire à l’infirmière. Celle-ci me donne une nouvelle dose de chloroforme, pour m’éviter d’assister plus longtemps au carnage.

Que s’est il passé ? L’infirmière était elle distraite ? Ou a-t-elle choisi de réduire la dose en fonction de mon jeune âge ? J’ai maintenant mon compte et je repars prestement vers ma première destination.

Mon réveil sera très pénible et je me souviendrai longtemps de cette bévue…

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