Dans les années 1940-1960 au Portugal, région de Castelo-Branco

Les femmes avaient la charge de confectionner le pain nécessaire à la consommation familiale. La plupart des familles possédait un moulin à eau sur les rivières. Celles qui n’en avaient pas se le faisaient prêter, le louaient.

Ces moulins servaient à moudre le grain une bonne partie de la nuit. Ensuite, les femmes tamisaient la farine qu’elles versaient dans une « mamasera », sorte de petite maie. Elles ajoutaient l’eau, le sel, le levain, travaillaient la pâte, la laissaient fermenter et formaient des boules qu’elles mettaient en attente.

Ensuite, elles faisaient chauffer le four : celui-ci était fabriqué avec des pierres brunes soudées par de la terre d’argile. Après avoir fait brûler des branches dans le four, celui-ci étant chaud, on balayait les cendres et on enfournait le pain. Chaque boule de pâte était placée sur un pavé de terre jaune séchée et glissée dans le four à l’aide d’une longue pelle plate. Le pain cuit à la chaleur du four était ensuite entreposé dans la cave : on en préparait ainsi pour une famille de 6-7 personnes et pour une durée de 15 jours. A la fin, un peu rassis, on le mouillait pour le ramollir.

Au mois de mai, avait lieu la récolte de l’orge. On arrachait les épis à main nue, on les jetait dans un panier qui était ensuite vidé dans des grandes hottes contenant 50kg environ. On chargeait ensuite 6 ou 7 hottes dans une charrette tirée par des veaux et on les ramenait à la maison. La récolte durait plusieurs jours. On étalait les épis sur le sol des habitations puis on les faisait sécher au soleil. Il fallait ensuite les battre à l’aide d’un battoir à long manche pour isoler les grains.

Souvent, on finissait le séchage dans les « mamasera » et dans le four encore chaud après la cuisson du pain réalisé aussi parfois avec de la farine d’orge. Ce dernier était moins bon qu’avec du blé mais en période de crise, il était tout à fait valable.

Quant à la paille, on la récoltait après : on la coupait à la faucille, à la main, plusieurs personnes y participaient, le séchage ayant lieu sur place, au soleil. La paille ramassée à la fourche était réunie en gerbes nouées avec des liens de paille (longs à confectionner, les jours précédents) et ça servait à la nourriture des veaux et des vaches.

Par contre, le seigle était récolté sans séparer grain et paille : celle-ci était déjà sèche sur pied. On la coupait après battage en petits morceaux de dix centimètres avec une sorte de « coupe-coupe » nommée rastadora. Ces copeaux étaient mélangés à du foin pour alimenter aussi le bétail.

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