Les fêtes à Bayonne autrefois

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D’anciennes photos prises à Bayonne sans doute lors de fêtes d’autrefois ont servi de prétexte pour une après-midi de collecte de mémoire au club Biltokia de la MVC de Bayonne Centre-Ville (quartier Balichon).

 

Pour le 1er de l’an la clique passait de bon matin dans toutes les rues de Bayonne, et les gens leur jetaient des sous par la fenêtre. Ils chantaient « bonne année monsieur la capitaine, bonne année monsieur le général, donnez-moi un franc, donnez-moi un sou… »

Les fêtes de la St Léon sont plus anciennes que les fêtes de Bayonne. C’était des fêtes patronales. Elles avaient lieu au mois de mars pour l’arrivée du printemps. Les messieurs mettaient le beau costume et le canotier. Il y avait une procession dans les rues avec des reposoirs, et des enfants habillés tout en blanc jetaient des fleurs. Les habitants sur le passage de la procession pendaient des draps blancs brodés à leurs fenêtres. C’est à cette occasion que la « foire attractive » installait ses stands et manèges sur ce qu’on appelait « les glacis » et qui étaient le centre de ces fêtes (actuellement les terrains d’entraînement de l’Aviron Bayonnais).

Les fêtes de villages aussi c’était très sympa. Il n’y avait pas grand-chose, un manège tout simple et on dansait sur la place du fronton… A Bayonne, il y avait aussi les fêtes de Jean d’Amou, de Jean Jaurès, de Habas la Plaine et des Allées Marines. Autant de quartiers, autant de fêtes ! Les fêtes des Allées Marines étaient anciennes et très importantes ; c’est un quartier où les gens étaient très solidaires. Il y avait un comité des fêtes qui organisait de très belles fêtes. M. Mora qui était musicien et M. Martin, buraliste, se sont beaucoup occupé de ces fêtes. A cette époque il n’y avait pas la circulation d’aujourd’hui et pour l’occasion les Allées Marines étaient coupées !

Dans notre quartier, la MJC avait lancé les fêtes de Balichon, au mois de juin. Elles commençaient le mardi et finissaient le samedi soir. Il y avait un manège et chaque jour il y avait des activités et animations différentes. La course de trottinette était très attendue. La Police et la Croix rouge venaient et les rues étaient barrées. Je me rappelle que mon aîné se dépêchait de rentrer de l’école des Arènes pour aller participer à la course de trottinettes. Il y avait la journée pour les anciens, la journée pour les enfants, la journée pour les jeunes… Le groupe folklorique Aurrera défilait dans le quartier.

Vers la fin de l’année scolaire, les écoles ou les paroisses organisaient des kermesses. C’était très bien pour les gosses, il y avait plein de jeux pour eux. La kermesse de la cathédrale se déroulait dans le cloître de la cathédrale ; les stands de jeux, les repas tout se passait dans le cloître !

 

Tout a beaucoup changé et il est difficile de dire où a été prise cette photo, on dirait qu’on voit la mairie en face, la photo aurait donc été prise sur le quai de Lesseps. Elle a l’air assez ancienne, peut-être les années 40. Pas avant, car les fêtes de Bayonne ont commencé en 1936, et elles ont été interrompues par la guerre de 1939 à 1945. Vu les habits ce n’était pas après-guerre, mais plutôt juste avant, c’est-à-dire parmi les premières fêtes de Bayonne.

 

 

Sur cette photo on voit les rails du tram (1). Il partait de la gare et donc la photo pourrait avoir été prise à St Esprit, quand on quitte la place de la République pour monter le pont St Esprit. Les chars des fêtes de Bayonne étaient recouverts de fleurs en papier. Toute l’année, dans les magasins, on voyait souvent les vendeuses, à temps perdu, faire des fleurs en papier en troussant des papillotes. Chaque char était préparé par un patronage, c’était des associations de quartier : la Vigilante à St Esprit, les Croisés de St André (Petit Bayonne), les Chérubinots à St Léon… Ils avaient un thème et c’était magnifique. Le corso c’était une des principales attractions des fêtes de Bayonne. C’était très bien organisé, il y avait une banda et un groupe folklorique entre chaque char.

Sur les chars il y avait des personnes qui jetaient des roses, c’était très très beau. Les statues sur les chars, comme ici l’éléphant, étaient faites en grillage pour la forme, et dessus on collait du papier journal. Ils étaient donc fragiles. C’est pour ça qu’ils ne quittaient leurs abris que pour le corso. Et d’ailleurs s’il pleuvait, le corso était annulé !

Il y avait aussi les corridas. Elles avaient lieu à St Esprit avant la guerre et même avant les fêtes de Bayonne. Les arènes étaient là où il y a maintenant la maternelle de l’Ecole Jules Ferry. Il y a d’ailleurs une plaque commémorative qui le rappelle. Après la guerre de 14-18 elles ont été reconstruites à Lachepaillet, où elles sont toujours.

 


Ça n’avait rien à voir avec les fêtes de Bayonne d’aujourd’hui. Il y avait très peu de gens ivres. C’est qu’on n’avait pas de sous. Et puis il n’y avait pas tous ces manèges et tous ces marchands ambulants. Les gens n’étaient pas en blanc et rouge comme maintenant. Ça, c’est venu après, pour imiter Pampelune. A l’époque on se mettait en bleu de travail, certains, surtout les bandas portaient la txamarra (blouse courte traditionnellement noire). On portait aussi le béret et le chahakoa (gourde en peau). Pour s’amuser il y avait bien sûr le corso, mais on faisait aussi des farandoles : on partait de la Mairie et on courait en farandoles jusqu’à la prison (St Esprit) et on revenait toujours en courant et en chantant ! On allait aux fêtes surtout pour « chanter et danser, rire et s’amuser », et des fois on rentrait sans avoir bu un coup.

A l’époque les bandas s’appelaient Lous Tilloles, les Genêts (d’Anglet), Los Marineros, les Dauphins (des Chérubinots), les Joyeux (de St Pierre d’Irube), Los Twisteros, la Vigilante, la Boucalaise… Moi j’ai connu quand la mairie nous distribuait du vin gratuitement, pour les bandas. Je faisais partie des Genêts d’Anglet. Il y avait la banda en tant que telle et puis chaque banda avait un groupe de jeunes supporters qui les suivait partout et qui était noté, de façon qu’on ne fasse pas de bêtises. Chaque banda portait une tenue différente, des txamarras noires ou de couleur pour se reconnaître.

Autrefois, 3 semaines après les fêtes de Bayonne avaient lieu les fêtes du Petit Bayonne. C’était un peu les « re-fêtes de Bayonne » mais avec beaucoup moins de monde, et que des gens du coin ! C’était des fêtes associatives, la municipalité laissait l’organisation aux nombreuses associations. Il y avait la traditionnelle course de vaches sur la Place St André (2), où plusieurs bars gardaient leurs portes ouvertes aux vaches ! Il y avait aussi un encierro de vaches landaise, lâchées dans les rues du Petit Bayonne. Et surtout, il y avait la course de « tout ce qui flotte ». Chaque association ou groupe de copains pouvait participer en fabriquant un radeau, décoré si possible suivant un thème. Sur le même principe que le corso, les embarcations, chargées de festayres déguisés, descendaient la Nive de l’Aviron Bayonnais jusqu’à la mairie. C’était souvent, pour certains, l’occasion de plonger dans la Nive !

 

Les bœufs gras

Chaque boucher préparait un attelage en grand apparat, et défilait dans les rues jusqu’à sa boucherie, où l’attelage se garait et faisait comme de la publicité ! Barré et Lahargous étaient les meilleurs.

 

Le kiosque à musique

A Bayonne, autour du kiosque à musique de la Place De Gaulle (on l’appelait la « place d’armes »), on pouvait louer des petits chevaux à pédale. Il n’y avait pas toutes les voitures de maintenant mais seulement des bancs et les mamans venaient y passer l’après-midi. Moi, ma mère préférait qu’on aille dans le petit jardin de l’autre côté, car il n’y avait pas la tentation des petits chevaux ! A la belle saison, tous les jeudis et dimanches soirs, l’Harmonie bayonnaise y donnait des concerts, ça se fait toujours d’ailleurs.

 

(1) Il y avait deux lignes de tram : le BAB partait du cinéma la Féria (en bas des Allées Paulmy), et traversait Anglet pour aller à Biarritz, c’était le rapide, il n’avait que 4 arrêts ; le BLB (Bayonne Lycée Bayonne) allait de la gare au Lycée de Marracq et retour.

(2) La place St André c’était l’endroit où les gens qui venaient à Bayonne en voiture à cheval laissaient leur véhicule garé en attendant de repartir. Je l’ai connu quand j’étais gosse et qu’on venait d’Hasparren à Bayonne, dans les côtes il fallait descendre et pousser la voiture pour aider le cheval !

 

Biltokia

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