Giacomo Giangrasso, maître bottier

Un simple panneau stylisé apposé sur le mur d’une grange vous dirige vers un appentis qui a connu diverses destinées, d’agricole à informatique. Ce lieu s’appelle « Equi Botte », et cette dénomination aurait de quoi surprendre si on n’avait déjà vu aux alentours surgir un chantier naval.

Quand on pénètre dans le petit atelier aux murs de béton, au plafond de bois brut, l’alignement de machines à l’aspect un peu rébarbatif, parce que non habituel, aurait de quoi surprendre s’il n’était adouci par la disposition de petits établis où des outils témoignent d’une activité manuelle et artisanale. C’est toute une imagerie populaire qui vous vient à l’esprit. Alors pour parfaire le cliché, il n’est que de faire connaissance avec le maître des lieux : il s’appelle Giacomo Giangrasso, lunettes et discrète barbe blanche. Un nom qui sonne comme le début d’un conte.

C’est à partir de ce moment que la magie opère ; car vous n’êtes plus dans un atelier de bottier, mais vous entrez dans un sanctuaire dédié à des idoles. Vous attendez de découvrir le mystère des gestes qui créent, il vous impose l’abondance de mots qui vous enchantent.

 

Il habille les pieds d’un voile de rêve.

Grâce à lui vous êtes admis à entrevoir cette sphère privilégiée où le cheval est roi, là où la noblesse de l’animal ne peut accepter que la perfection chez celui qui est admis à l’approcher. La botte du jockey devient alors quelque chose d’évanescent qui va au-delà de l’utilisation courante quotidienne : Giacomo vous fait découvrir le culte du beau dans la vérité du geste créatif. Une tradition familiale qui s’est perpétuée pour conquérir des milieux où l’absolu règne en maître. Voir Giacomo poser des gestes simples dont la perfection est le fruit d’une recherche permanente, fait entrevoir des réalités dont on ne pourrait dire si elles sont soudain plus proches ou plus lointaines. Son espace de travail a été aménagé comme un cadre de vie, avec au-dessus de sa tête une guirlande de vieux outils témoins d’un passé créatif toujours vivant.

Grâce à ce savoir faire, de Londres à Dubaï, de Rome à Moscou et en mille autres  lieux, le maître bottier Giacomo Giangrasso a fait de Nousty une plaque tournante d’où il exporte sa fabrication universellement reconnue dans le monde des courses hippiques et de l’équitation. « Pompes de rêve et rêves de pompes » ; même si sa modestie l’emporte sur tout, il vous démontrera que le métier de bottier est une passion que tout un chacun peut acquérir grâce à l’amour du travail bien fait.

Mais, comme il se plaît à le dire : »Vivre sa passion est une souffrance permanente. » Pourtant c’est un choix qu’il assume et sa plus grande fierté est de voir ses créations parader sur les écrans lors de manifestations équestres du plus haut renom.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes de voir la simplicité des locaux et l’accueil toujours disponible de Giacomo transcendés en d’autres lieux par des images qui ne peuvent que faire rêver.

Et de nous dire aussi que grâce à lui nous approchons des mondes qui, eux, ne soupçonnent même pas cette réalité.

 

[Total: 1 Moyenne: 5]

Thèmes associés au témoignage:



Témoignages similaires:



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *