Guerres

Les poilus de 14-18
Jean-Baptiste Mendy, Portu Chipia

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Jean Baptiste Mendy enchaîna le service militaire et la guerre. Il ne revint chez lui que 7 ans plus tard, il connut l’enfer de Verdun mais souffrit du froid, coupant le pain à la hache, ne se déchaussant pas car les godillots gelaient à ne plus pouvoir les remettre, il dormait contre son cheval dans la paille… il y aura serré la main d’un certain Pétain.

Au retour de l’armée, pour faire quelques sous, il fut engagé pour la pêche à la morue par un juif de Saint-Esprit. Conditions très dures et grosse escroquerie, pour les payer, leur affréteur leur donna des arpents de terre à… Terre Neuve ! Il semble bien que ce triste personnage, s’il a bien embarqué à St-John, ne parvint jamais à Bayonne. Il y en a qui tombent à l’eau, parfois.

Jean Larrue, Tambourinenea

Nous devons à Christian et Philippe Larrue, que nous remercions, les documents de leur grand-père Jean Larrue de Tambourinenea, parti à la guerre depuis le 10e régiment de hussards de Tarbes, revenu lui aussi au bout de 6 ans.

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« Ma chère soeur, je t’adresse cette carte pour voir de quelle manière nous vivons, maintenant également on nous tire dessus, à la fin ils démolissent tout, d’ici on entend le fracas, « adio gaichua » demain je t’envoie des nouvelles… »

 

 

 

Jean Larrue écrivait pratiquement tous les jours à sa sœur Joséphine, l’armée fournissait les cartes postales autorisées, souvent à la gloire de l’armée française. Le courrier était tamponné à l’arrivée, cela permettait de contrôler le contenu : pas de mauvaises nouvelles, interdit !

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On peut remarquer leur enthousiasme et leur relative naïveté : « on part à Verdun… avec beaucoup de courage… dans peu de temps la guerre sera finie… nous serons victorieux… je serais content si vous pouviez voir votre frère… » (on se vouvoie au Pays basque).

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Le périscope dans les tranchées

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Les estafettes : vélos et premières motos

Les Allemands en 39-40

Durant le conflit de 39-45, le village a été relativement épargné, ne représentant aucun point stratégique ou économique, ne comportant pas de passages à surveiller en particulier. Néanmoins, la guerre et l’occupation ont bien été présentes.

Le cantonnement

En périphérie de Bayonne, il fallait loger et nourrir les troupes. Ainsi, plusieurs maisons du bourg ont été momentanément réquisitionnées, la famille cantonnée dans le hangar fermé, les soldats occupant le reste, mais ça ne durait pas longtemps.

Des maisons importantes en volume : Larraldia, le Bercail, Lascorreta… ont connu une occupation plus longue. Le restaurant Ithurraldia a vu sa grande salle transformée en dortoir. La cohabitation contrainte était assez bien supportée, une fillette se souvient même avoir joué avec un bon gros Allemand surnommé Bouboule, mais une autre se souvient avoir pleuré et tremblé de peur lors de l’occupation de sa maison.

Au Quartier-Bas, ils avaient installé deux postes de canons anti-aériens en face de Parme, les alertes étaient fréquentes et la population se réfugiait dans le tunnel SNCF.

Le ravitaillement

Les troupes complétaient leur dotation en cherchant des produits sur place, qu’ils payaient correctement. Ils raffolaient d’œufs : il y avait intérêt que les poules ne chantent pas trop fort. Car dans le même temps, la population locale manquait de nourriture d’autant que sur ordre du gouvernement, le village était obligé de fournir des bovins et des ovins toutes les semaines à Bayonne.

Chaque ferme possédait deux cochons pour les provisions de l’année. A un moment difficile, les Allemands commencèrent à prélever un cochon sur deux : alerte générale ! Dans la journée la nouvelle se répandit et un cochon fut abattu, dépecé et caché sur le champ, sans se soucier de la saison ou de la présence d’un congélateur !

La débâcle

La panique a gagné les troupes à la débâcle. Ils avaient stationné des véhicules cachés sous les chênes d’Irumendy et dans le bois de Larraldia. Au bourg, ils repartirent en saccageant tout, même le jeu de croquet devant l’école des Sœurs ! A Larraldia, des blindés restèrent bien longtemps après la guerre.

Ils prenaient tous les vélos disponibles : deux jeunes filles qui allaient à Bayonne par le chemin de halage planquèrent leur vélo dans le champ de maïs. Leur père fut dénoncé, arrêté… mais le vent commençait à tourner, les gendarmes le libérèrent très vite.

La résistance

Ce fut surtout le pays des passeurs, le passage de Bellegarde utilisé de tous temps fut très pratiqué, d’autant qu’il se trouve juste en face de Sutar, départ du réseau Comète.

Pierre Arretche et Michel Pagola furent arrêtés sur dénonciation au chalet SNCF n° 5, avec les épouses et une fille. Si les femmes furent libérées, les deux hommes sont décédés en déportation.

Le bombardement de Biarritz

Le 27 mars 1944, des Super-Forteresses américaines B17 bombardèrent en deux vagues l’aéroport de Parme et même Biarritz, qui n’était pas visée.

Un chasseur P38 anglais qui protégeait l’escadrille fut touché par la FLAG (DCA), les deux pilotes vidèrent leur soute sur une zone inhabitée, les barthes du bord de Nive, avant de mener leur avion s’écraser au nord de Bayonne et de s’éjecter.

Las! Marie-Joséphine Mendiboure gardait les vaches près de la carrière. Elle fut grièvement blessée par un éclat d’obus. Les Allemands firent leur possible en la transportant en barque à moteur à l’hôpital de Bayonne. Malheureusement, elle devait décéder rapidement.

Jakintza

Association Jakintza – Villefranque

02/11/2016

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