Histoire de BONLOC

«  A  3 kms d’Hasparren  un joli bourg fait songer à une image d’Epinal ou à  quelque naïve  gravure  du Tour de France par 2 enfants : c’est BONLOC ,

situé  au pied de pâturages déjà montagneux, d’une douceur évangélique, où les brebis disséminées comme des plaques de neige, font tout au long du jour chanter leurs clarines. Au fond de la place de Bonloc, dans une grotte on peut boire à une source, dont l’eau assure t on est aussi pure qu’ à Evian….

   Enfin,  sur la hauteur, à quelques 200 mètres  une poétique église est posée où l’on peut admirer des œuvres de Gomes, d’une fraicheur délicieuse comme la source.

    Et, par un après midi de grand été, le voyageur couvert de poussière qui fait halte dans ce lieu,  se ranime à l’esprit de ces tableaux qui ont emprunté leurs couleurs  au paysage environnant, aux secrets de la forêt où se passent les scènes divines « «  ( Francis Jammes  1923  )

 Qui mieux que le poète pouvait décrire cet aspect bucolique de notre petit coin ? Comme dans la chanson «  Le poète a toujours raison  ….

 

Francis JAMMES   fut un hôte  de marque pour  LEKUINE. Il y venait souvent, sa fille ayant épousé Henri INCHAUSPE, de la maison HARANIA maison natale du demi-frère d’Henri INCHAUSPE, Eudes BESSIERES  qui fonda l’usine BONCOLAC en 1954 qui faisait de délicieuses glaces  et une boisson chocolatée exquise le CACOLAC  qui hélas n’est plus aujourd’hui  fabriquée mais l’usine  reste toujours le poumon de BONLOC   et emploie  encore à ce jour 200 ouvriers  (Extrait de la toponymie basque de j.B.ORPUSTAN)

 On trouve en 1194  l’ECCLESIAM de BONO LOCO Et en 1304  BONUM LOCUM

Le nom primitif de ce village a-t-il été gascon ? Peut-être  ou même d’abord latin ou peut-être basque LEKUINE. Si l’on tient compte des autres noms romans du même type dans les environs  exemple, BELLOC et aussi de l’histoire particulière de cette dépendance de RONCEVAUX dont les habitants avaient un statut proche du servage , fait à peu près unique dans les 3 provinces basques médiévales du Nord, il est vraisemblable  dans ces conditions qu’il s’agit d’un toponyme latin ou roman donné par l’autorité fondatrice de la colonie   peut-être  antérieure  à RONCEVAUX   c’est-à-dire au XII ° siècle et simplement traduit en basque : LEKUINE

Les rois de NAVARRE :  SANCHE le SAGE ( 1132 – 1194  a 2 enfants : SANCHE le FORT ( Protecteur de RONCEVAUX )   et BERANGERE  ( 1163 -1230 ) qui épousa LE ROI d’Angleterre RICHARD CŒUR de LION  Les labourdins sont sous la domination anglaise, jusqu’au XIV° .

Puis , possession du Monastère de RONCEVAUX/

Apparemment BONLOC semble être la frontière entre le LABOURD et la Basse NAVARRE , la limite serait la rivière  qui traverse BONLOC : La JOYEUSE ou .ARAN .Un lavoir permettait de laver le linge et même aujourd’hui, il est encore utilisé

En 1287 il est fait mention de BONLOC dans les archives : Les lekuindars  ont un statut proche d’esclaves, aucun droit dans la Commanderie sauf celui de conserver leur maison jusqu’à leur décès  et

au XVI° et XVII° siècle ils sont dans l’obligation  d’utiliser le moulin de la Commanderie, de porter 400 boutures de vignes en Janvier, Février et Mars et d’envoyer poulets et chapons au moment de Noël, de faucher l’herbe et la rentrer

En  1674 prise de possession par l’Evêché  de BAYONNE

En 1743, écrasés par toutes les redevances, un procès s’engage avec BAYONNE . On donne raison à l’Evêché et on procède à des saisies sur BONLOC .Un huissier se rend à BONLOC .Il se trouve en présence de 60 femmes en révolte (mais il y avait peut-être des hommes habillés en femmes et l’huissier repart battu . Un procès a lieu à TOULOUSE où les femmes sont interrogées. Bien entendu, le Parlement de TOULOUSE prend parti pour l’Evêque et les LEKUINDARS doivent 1440  livres, 4 jambons et 12 chapons

En 1774, une épizootie décime non seulement le bétail, mais aussi les habitants : on constate pour le mois de mars 20 décès pour 4 naissances  ceci sur une population de 150 habitants : BONLOC est ruiné Mais notre village ne se laissera pas abattre et en 1789  c’est   pour les LEKUINDARS le symbole de la liberté En 1820 Il y a 250 habitants, en 1880  200  en 1954 150 , en 1982 200 et aujourd’hui,  nous sommes 340.

En 1828 LEKUINE demande son, rattachement à HASPARREN mais HAPARREN refuse.

EMPLACEMENT  du  VILLAGE :

Le  VILLAGE a été construit autour de l’église et bien sur il s’est agrandi.

 BONLOC a été une halte sur le chemin de Compostelle et une des plus vieilles maisons du village : la maison  SERORATEA  recueillait les pèlerins fatigués ou souffrants qui reprenaient leur chemin après avoir été réconfortés  Une coquille St. Jacques figure sur le mur. Le bâton des pèlerins de st Jacques se trouve sur le blason de BONLOC.

En 1887  construction  d’une nouvelle église qui remplace une église romane qui était la réplique de l’église de BIDARRAY  La nouvelle église devait être  reconstruite  au même endroit que l’ancienne qui avait brûlé .Mais, tous les matins, on  trouvait des petits tas de pierres toujours au même endroit  et selon les croyances locales, les LEKUINDARS disaient : ce sont les LAMINAKS ( petits lutins basques ) qui nous indiquent l’emplacement de cette nouvelle église : il faut les écouter,  ce qui fut fait, et notre église domine le village en haut d’une petite colline.

Sur la place,  il ya bien entendu le fronton, centre de l’animation du village. Sur cette même place, près du lavoir se trouve un petite grotte, avec une vierge à l’intérieur, réplique de celle de LOURDES (‘ceci sans prétention !  mais, nous en sommes fiers quand même ……. )  Jusqu’en 1969, date de l’installation de l’eau courante dans les maisons, les habitants de BONLOC s’approvisionnaient à la grotte dont l’eau était si pure et si fraîche que des Haspandars  venaient prendre l’apéritif à BONLOC pour la fraîcheur de l’eau à une époque où les réfrigérateurs n’existaient pas !

LES ACTIVITES DU VILLAGE :

Les plus anciennes sont la culture de la vigne, l’élevage et les tanneries. On a peu de renseignements sur les activités avant 1900, ceux qui auraient pu nous apporter de l’aide, malheureusement nous ont quitté,  mais au début du 2O° siècle on trouve   :

  • Des EPICERIES :   En 1950 il y en avait 3 , mais la plus ancienne crée en 1860 avait été reprise par des neveux dont la fille a tenu le magasin jusqu’en 2004 presque jusqu’à son décès        Cela nous manque en dépannage, même si HAPARREN n’est pas trop éloigné. Il flottait dans ce petit commerce une odeur de campagne, une ambiance  familiale et amicale que nous regrettons.
  • Les RESTAURANTS : Il y en avait 2 ainsi qu’une petite auberge où on ne servait pas de repas mais des omelettes et du jambon à la demande. Aujourd’hui, il reste un  bar restaurant  qui fait dépôt de pain  et de journaux .Le 2° restaurant LILLPEAN a été racheté par la mairie où on a fait des logements à l’étage et en bas, une grande salle qui sert pour des repas et en location pour des réunions de famille et,  attenante à la grande salle : le Siège Social de notre Association LARRAZKENA ALEGERAKI où nous nous réunissons le mercredi
  • Une scierie
  • Une fabrique de sandales cousues à la main
  • Un tisserand
  • Un forgeron qui ferrait même les vaches car parait-il les vaches ferrées donnaient plus de lait…..Pour faire le feu il tournait une manivelle ce ne devait pas être de tout repos !
  • Une fileuse
  • 2 moulins : Le minotier portait avec sa charrette la farine dans les maisons ainsi que le son pour les cochons
  • Une boulangerie était installée près de l’un des deux moulins et a fonctionné- jusqu’en   1945
  • Des TANNERIES : installées près de l’eau, il reste pour certains
  • le souvenir d’une odeur assez désagréable dès que l’on approchait.
  • Une usine de chaussures qui employa 20 ouvriers
  • Une fabrique artisanale de chocolat
  • Une beurrerie à la maison HARRANIA dont le patron était le père de Mr. EUDES BESSIERES  fondateur de l’usine BONCOLAC  et Maire de BONLOC . «  Le Beurre de la Grotte «  était délicieux et nous a laissé un souvenir de gourmandise et de regret aussi…
  • Une fabrique artisanale de fromage de Roquefort   : le lait était collecté sur place,  le ferment était fourni par les Caves de ROQUEFORT en Aveyron. Les fromages, fabriqués sur place , étaient  récupérés et acheminés vers ROQUEFORT par  camion

 

  • L’embauche des ouvriers  et ouvrières était à 4 heures du matin ( ceci selon le témoignage d’une   ancienne ouvrière membre de notre Association   )                              

Que reste t-il de tout cela aujourd’hui ?

Un bar restaurant, 3 menuisiers, 1 maçon, un peintre, bien sûr l’usine BONCOLAC, qui s’est spécialisée dans la confection des gâteaux glacés, un point de vente  de ces gâteaux, ainsi que des fromages.

Il ne faut pas oublier notre champion de Pelote Basque, dont la renommée n’est plus à faire : un enfant de BONLOC : Yves SALLABERRY  dit XALA  qui a donné son nom à notre mur à gauche.

Un autre  enfant de BONLOC  Pantxoa CARRERE forme avec PeÏo OSPITAL  un duo de  chanteurs Basques talentueux et unanimement connus.

Mais   je terminerai par une activité et non  des moindres : Tous les derniers dimanches de Septembre, BONLOC  participe aux VIRADES de l’ESPOIR » pour la lutte contre la mucoviscidose : le matin une épreuve de marche   à 3 nivaux et à midi un repas réunit chaque année 400 personnes  participants et sympathisants  venus des villages voisins.

Voici l’histoire toute simple de notre village .Nous espérons qu’elle vous a intéressé  Peut-être, aura-t-elle suscité le désir de nous faire une petite visite ? Ce serait notre meilleure récompense.

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