La vie économique

On vivait pratiquement en autarcie. Peu de production et très peu de consommation extérieure. Le blé était fourni au boulanger en échange du pain. En septembre, on faisait le bilan pour savoir qui devait payer la différence, soit le boulanger, soit le consommateur.

Les quelques autres denrées indispensables : sel, sucre, café, chicorée etc…étaient achetées aux deux épiceries du village et au marchand ambulant.

Il n’y avait pas de gaspillage, ni de déchets ménagers comme aujourd’hui. La vaisselle était lavée à l’eau chaude, sans détergents. Un peu grasse, cette eau servait à préparer la pâtée pour les cochons. Les épluchures étaient mangées par les poules ou les lapins. Les restes de pain, de nourriture et les os étaient utilisés pour la soupe du chien. L’eau usée n’était pas jetée mais servait à arroser les plantes.

Les yaourts étaient dans des pots de verre tout comme les bouteilles de vin. Ce verre était consigné, donc, on le ramenait chez le marchand.

« Les Manobres »

Les chemins communaux empierrés étaient entretenus par les habitants : « les manobres »

Le chef cantonnier, aujourd’hui conducteur de travaux, déterminait les endroits à améliorer avec des petits piquets de noisetier fendus,  comprenant le nom et la quantité de cailloux à fournir. Les pierres étaient extraites des petites carrières du bois communal et ensuite cassées en petits morceaux avec une masse. Le chef cantonnier venait vérifier et le cantonnier municipal les mettait en place avec de la terre du fossé pour les stabiliser.

Les quantités à fournir étaient déterminées selon certains critères :

²   -une paire de bœufs : x m³

²   -une paire de vaches : x m³

²    un homme : x m³

En moyenne, 1,5 m³ à 2 m³ par famille. Les femmes n’étaient pas imposées. Ceux qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas faire ce travail devaient payer une taxe. Cet argent servait à acheter du gravier pour la route centrale qui était gravillonnée. Si on voulait que son secteur soit entretenu on avait tout intérêt à faire le travail.

Entre les arêtes coupantes des cailloux et les pointes perdues par les sabots cloutés, les crevaisons à vélo étaient fréquentes.

 Les familles nombreuses

5Il y avait des familles de 10/12 enfants et plus. Pour eux, la vie était très difficile. Les garçons dès l’âge de 10 ans, partaient dans d’autres familles garder des enfants plus jeunes et aussi les vaches. S’ils ne quittaient pas la commune, ils pouvaient continuer à aller à l’école. Souvent, ils  arrêtaient là leur scolarité. Cela faisait toujours une bouche de moins à nourrir !

Il n’y avait ni allocations familiales, ni aides au logement, ni sécurité sociale, ni retraites. Trois générations vivaient sous le même toit et tous participaient, selon leur force physique, à la vie commune. C’était sûrement la meilleure façon de subsister.

La cohabitation ne devait pas être facile pour tout le monde. En général, c’était le couple le plus âgé qui dirigeait. Les autres servaient de domestiques non payés en attendant leur tour.

La cohabitation

Bien souvent, la position de la bru n’était pas très confortable. La belle-mère dirigeait la maisonnée pour le bien de tous, mais ne laissait que peu de place aux initiatives de la belle fille. Ce qui n’était pas toujours très bien vécu…mais on se taisait, respect oblige. Aujourd’hui, peu de filles accepteraient cette situation.

La chaux

6Il y avait plusieurs fabricants de chaux à ESTIALESCQ. Les carrières de calcaire étaient nombreuses dans le secteur et la pierre de différentes qualités. Plusieurs sortes de chaux sortaient des fours :

²   La chaux blanche, qui servait à blanchir les maisons, extérieur et intérieur. En plus de la peinture, elle avait l’avantage d’éliminer les microbes.

²   La chaux ordinaire, qui était utilisée comme  liant du sulfate de cuivre pour le traitement de la vigne.

²   La chaux de construction, qui remplaçait le ciment, était transportée dans des charrettes tirées par des bœufs sur des chantiers assez lointains, jusqu’à Arette !

Pour plus d’informations, visiter le « Sentier des Marlères » à Estialescq.

 

Le bois de chauffage

 

8Deux lots de bois de chauffage étaient attribués à chaque foyer. Pour ceux qui n’avaient pas la possibilité de rentrer leur bois, les voisins organisaient des « TIRADES ». Chacun, avec une charrette, leur faisait le transport gratuitement, y compris les fagots très utilisés pour l’allumage du feu.

Belle solidarité !

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En remerciements, la famille offrait un bon repas le dimanche suivant, qui se terminait par une petite fête.

  

Le chiffonnier

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Avec sa petite charrette tirée par un âne, le chiffonnier faisait sa tournée, deux fois par an, pour acheter les chiffons, les plumes et les peaux de lapin.

 

Le castreur

Il venait de MONEIN à vélo. Arrivé sur la route centrale, il jouait de la flûte de pan pour signaler sa présence. On l’entendait pratiquement dans tout le village.

Ceux qui voulaient faire châtrer des porcelets et des veaux destinés à devenir des bœufs de travail allaient le chercher.

 

La tournée du renard

11Le renard faisait beaucoup de dégâts dans les poulaillers. De temps en temps les chasseurs en tuaient un. On lui liait les pattes, puis on l’enfilait sur une barre de bois portée sur l’épaule par deux hommes, rarement des chasseurs, qui passaient dans les maisons, où ils étaient très bien reçus, montrer leur prise et ainsi récupérer quelques pièces de monnaie.

 

Les scieurs de long

Dans la forêt, les bûcherons sciaient des troncs de chêne en tronçons de 2m70, les équarrissaient à la hache et ensuite traçaient des lignes de sciage à l’aide d’un cordon imbibé de poudre bleue. Puis, le bloc était monté sur un échafaudage et arrimé pour l’empêcher de bouger.

La lame de scie était placée au milieu d’un cadre en bois pour bien la stabiliser et lui permettre de pénétrer à l’intérieur, sur toute la longueur du tronc. Un bûcheron sur le tronc, un autre dessous, tiraient à tour de rôle sur le cadre pour scier et ainsi débiter des traverses destinées à fixer les rails sur les voies ferrées.

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