L’entreprise de transport familiale

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Mon grand père avait créé une entreprise de transport aux alentours des années 1900, son premier véhicule a été une charrette avec une mule ; il allait sur Pau à 30 kilomètres pour transporter du grain et des cailloux.

Puis, vers les années 1935/1938 ses fils ont repris l’entreprise et ont pu acquérir d’abord un, puis deux camions ; au début ces camions n’avaient pas de pneus, parce que c’était pendant la guerre, mais des roues pleines… C’est ce que mon père m’a raconté.
Ensuite, ils ont pu acheter des pneus d’occasion et ils ont beaucoup travaillé pour y arriver, car ils voulaient continuer l’œuvre de leur père qui faisait des transports avec la mule ; depuis tous jeunes, ils l’avaient aidé à remplir la charrette de cailloux, pour qu’il puisse les acheminer chez ses clients et faire vivre sa famille.

Et ils ont réussi à créer une entreprise avec plusieurs camions et les chauffeurs sillonnaient la région jusqu’à Bordeaux, puis la France.

Et puis, j’ai moi aussi intégré l’entreprise familiale vers 1956, au bureau pour assurer le téléphone, la prise des commandes puisque j’avais été formée en apprentissage dans ce domaine. En plus de mon travail, mon père me sollicitait très souvent pour avoir de l’aide dans le chargement et le déchargement des marchandises : il y avait de lourdes charges et même s’il m’avait expliqué comment m’y prendre, c’était une tâche très difficile, pour une jeune femme.
Et puis un jour, mon père a voulu que, moi aussi je passe le permis poids lourds, pour partir faire du transport avec un camion ; mais là j’ai dit « non, je ne passerai jamais ce permis ». Alors, il m’a affectée aux livraisons avec une camionnette et une galerie sur le toit : il fallait que je charge et que je décharge les cartons sur cette galerie tous les jours chez les clients, heureusement que le plus souvent, les clients m’aidaient.

C’est un domaine dans lequel j’ai toujours travaillé, puisque mon mari était lui aussi transporteur et nous avons ensuite travaillé ensemble dans notre entreprise en région parisienne.
J’ai vu évoluer les camions bien sûr mais aussi les conditions de travail avec l’arrivée des « mouchards » et des règlementations sur les heures de conduites des chauffeurs, ce qui a quand même bien fait évoluer un métier très pénible.

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