Ma jeunesse Jarnacaise

Je m’appelle Michel DUBOIS et je suis né (comme mes 5 frères et sœurs) dans une petite ville de Charente de 5000 habitants, JARNAC, le 19 mai 1941, au 1er étage d’une maison située au 19 rue Gambetta aujourd’hui rebaptisée « Grand’Rue » car c’était la rue commerçante.

Grand’Rue à Jarnac

C’est Mme CHATAIGNER, la sage-femme, qui nous a mis au monde tous les 6. Pour les Jarnacais, c’était Mme « Guette au trou ». Un soir d’été, vers 1950, il était 23h et ce fut un fracas épouvantable dans la Grand’Rue pavée à l’époque : c’était 3 roulottes de gitans, tirées pas des chevaux, qui arrivaient chez la sage-femme ; une de leur compagne était en train d’accoucher dans sa roulotte. Madame CHATAIGNER a viré avec une forte autorité les gens de la famille et les curieux du quartier. Ma mère et d’autres femmes sont arrivées avec du linge propre, de l’eau chaude, du savon, … Mon père, quant à lui, est venu avec une bouteille de vin vieux pour la maman et une bouteille de cognac pour les hommes qui, après l’avènement, ont fait la fête et sorti les guitares. La nuit s’est bien terminée et surtout la bonne volonté de tous a fait plaisir à voir. Comme on dit : un heureux évènement.

Ma tendre jeunesse et ma scolarité se sont également déroulées à Jarnac. L’école maternelle, chez les Sœurs de Sainte Marthe et, à 6 ans, la Grande Ecole (dont le nom m’échappe). Pour nous c’était la vraie école, c’était la communale, où, j’ai eu l’honneur de traîner « mon cul » sur les mêmes bancs que l’illustre François MITTERAND quelques années avant moi. Il y est resté peu de temps, il a rejoint rapidement l’école des Jésuites d’Angoulême, pour en faire un ministre et un Président de la République. A moi, ça ne m’a pas laissé grand-chose à part la fierté de lui avoir serré la main à plusieurs reprises à la Vinaigrerie de son grand-père. Une fois, je me souviens bien, ça devait être en 1950, il était ministre de l’Outre-Mer et il revenait d’inaugurer le port d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Je ne me souviens pas de l’avoir félicité mais ça ne l’aurait pas mis plus en valeur et moi non plus.

Je ne regrette pas ma communale de Jarnac où j’ai appris beaucoup de choses ce qui m’a permis de devenir Ouvrier Imprimeur Hélio P3. En mai 68, je devais être un peu gauchiste et peut-être avoir subi l’influence de DANY LE ROUGE, j’ai claqué le patron et le métier pour devenir facteur à Versailles jusqu’à ma retraite à 55 ans, il y a déjà 20 ans avec le grade d’Inspecteur Central de la Distribution. Toute une histoire bien menée.

Une anecdote me revient : en novembre 1987 ou 1988, j’ai parcouru le ½ marathon LOURDES/TARBES en 1h40. J’avais sur le dos une veste de survêtement où j’avais fait inscrire par un peintre en lettres :

COMME TONTON 1ER
LA COMMUNALE DE JARNAC

Ça n’avait évidemment par la gueule d’une université Américaine, ou je ne sais quoi, mais j’avais eu mon petit succès et des éclats de rire.

Je terminerai ce passage avec la chanson de Jean GABIN « à 20 ans, on sait tout » et en mai 68, je devais être super car après un séjour à la guerre d’Algérie et 3 ou 4 décorations avec le titre d’Ancien Combattant, je savais vraiment tout mais « Pauvre Con » aujourd’hui avec 75 balais passé je m’aperçois que je ne sais rien :

La vitesse de la lumière,
La distance de la lune,
Mes emmerdes avec mon portable,
Et pire, la détresse devant l’ordinateur,
Heureusement « une minette » de 20 ans vient m’aider…

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